Réunion du 26 janvier 2013

CEtte année 2013 comptera cinq « samedis du François Coppée », aujourd'hui premier rendez-vous et comme toujours les amis arrivent dès 9h30, nous nous retrouvons bien vite une quinzaine autour de la table à discuter et à se montrer nos « trésors ».Jean Busson a apporté de jolies images, très délicates aux couleurs vives et fraîches, dont cette carte brodée "A notre chère filleule, souvenir de son baptême" pleine de charme.


Le musée alsacien de Strasbourg conserve et expose ces souhaits de baptême, coutume régionale et tradi­tion qui a duré trois siècles jusqu'à la guerre de 1914.
Celle pour Pâques est délicieuse, les œufs se soulèvent et laissent apparaître les oisillons !
Quant à la carte de 1910 pour la marque Rolls Royce, elle nous plonge dans des temps révolus

 

Marcel Guérin a apporté quelques cartes postales anciennes sur les différents métiers exercés dans la campagne normande, métiers disparus comme le portage du lait ou la traîne à bois.
Michèle et Daniel Crépin ont apporté un des premiers catalogues, édité en 1728 par les Pères Chartreux, pour présenter la liste Des plus excellents fruits, les plus rares & les plus esti­més qui sont dans les Pépinières des RR. PP. Chartreux de Paris.
Leur vaste enclos occuperait approximativement, de nos jours, l'espace compris entre le Bd St Michel, la rue de Vaugirard et la rue d'Assas.


Ce document énumère les variétés de Pesches, Prunes, Abricots, Poires d'été, Poires de Septembre, Octobre, Novembre, d'Hyver, Figues, Azerolles, Raisins, Pommes que les Pères proposaient. Leurs pépinières, fondées au XVIIe siècle, étaient célèbres dans toute l'Europe et fournissaient, en outre, chaque année des milliers d'arbres fruitiers. Elles s'étaient enrichies de variétés nouvelles par des échanges avec les diverses congrégations. Sauvées par Chaptal après la révolution, elles restent de nos jours, après de multiples péripéties, un verger-conser­vatoire au jardin du Luxembourg.
Georges Naudet, chargé de maints documents de sa collection, nous a présenté quelques-des partitions de chansons qui ont un rapport avec la magie, la prestidigitation.
Certaines témoignent de l'histoire de la magie comme cette partition de musique, une polka titrée « BENITA LA MAGICIENNE » (circa 1855) composée à la gloire de Melle Bénita Anguinet, physicienne et prestidigitatri­ce, c'est un des rares portraits connus de cette magicienne, il est intéressant de remarquer, posés sur la table, quelques accessoires de magie, dont on peut penser qu'elle les utilise dans son programme. Le journal L'illustration du 8 novembre 1856 relate son spectacle au théâtre du Pré-Catelan. Cette polka-mazurka pour piano, composée par L. MICHELI, comp­te 8 pages couvertures comprises. Dessinée par Bertrand, la lithographie est de Bertauts, P. Cadet à Paris.
Une autre partition, le Quadrille brillant des Soirées fantastiques du théâtre Robert-Houdin accompagne les expériences de l'artiste au Palais-Royal (1848)'. Certaines d'entre elles sont présentées sur la couverture : la pendule cabalistique, la seconde vue, le favori des dames, Auriol et Debureau, la pêche miraculeuse. Ce quadrille pour piano composée par Ad. Le Carpentier compte 8 pages couvertures comprises. Dessinée par Frédéric Bouchot (1798-1860), la lithographie est de Huard à Paris. La partition est dédiée à monsieur Emile Robert-Houdin, au centre de la parti­tion, prêt pour l'expérience de la seconde vue.



La fête à Boulogne (hors texte couleurs X) grande scène foraine jouée et chantée par Fusier à l'Eldorado met en scène un joueur de gobelet de théâtre, habillé comme un dandy. Léon Fusier (1851-1901), artiste de music-hall, acteur, imitateur, chanteur, magi­cien, travaille au théâtre Robert-Houdin en 1879, à l'occasion des représentations de la Revue "Revue et corrigée" de Edmond L'huillier également auteur des paroles et musique de cette partition la fête Boulogne dessinée par Ed. Ancourt.
La Loïe Fuller (Mary Louise Fuller, 1862 1928), danseuse américaine, a l'idée de se vêtir de tissus léger et de lumière. Ainsi, les voiles qui l'habillent dont on dit qu'ils font plusieurs centaines de mètres de longueur sont inondés par les lumières des dizaines de projecteurs cachés dans le sol et dans les coulisses. Le résultat est surprenant, la Loïe Fuller se métamor­phose par la couleur, comme dans un véritable spectacle de prestidigitation. Elle crée sa pre­mière chorégraphie, La Danse serpentine, à New York, le 15 février 1892 puis s'établit aussi­tôt à Paris. Sa notoriété est immédiate comme en témoigne cette partition Loïe Fuller (hors texte couleurs XI), gavotte pour piano de A. Hamburg, qui paraît en 1893. Elle travaille, dans toutes les grandes salles parisiennes dont les Folies Bergères où elle est engagée par les frères Isola directeurs de théâtre et magiciens.
D'autres n'ont pas ce caractère historique, mais sont tout aussi intéressantes, elles nous informent sur la vie quotidienne, sur la perception que les illustrateurs et la société avaient du magicien.
Le jeu des gobelets et, plus rarement, le bonneteau sont utilisés pour illustrer quelques chansons, les bobines de ceux qui manipulent les muscades ou les cartes se transforment et se font canailles, voire patibulaires.
Commençons par une exception à la règle ci-dessus qui présente un saltimbanque pourvu de la panoplie au grand complet de l'escamoteur de plein vent : Les 3 gobelets, les muscades et la grosse balle, la baguette magique ainsi que la gibecière, sans oublier l'indis­pensable tambour pour battre le rappel. Cette chansonnette nécessairement intitulée L'escamoteur, paroles et musique d'Alphonse Lemit, est une lithographie de Guillet d'après G. Drouin (cf. couverture du bulletin).
Le grand Mufflardini camelot qui vend des élixirs miraculeux soulagera-t-il la rage de dents de ce malheureux client de passage. Peut-être ? Mais la table en X à l'arrière plan n'est-elle pas là pour nous rappeler que ce personnage n'est qu'un escamoteur des rues !
La chanson suivante est dans la même tonalité, le personnage de droite n'est pas seule­ment joueur de gobelets, il pratique aussi le bonneteau qui est une tricherie manifeste dont le seul but est de plumer les gogos de passage. Que fait donc cet homme casqué, marchand de remèdes universels, à côté d'un joueur de bonneteau ? Ils amusent la rue, attirent les passants qui ont le choix de lui acheter un produit inefficace ou de jouer et perdre avec son voisin. Le résultant final n'est-il pas le même dans les deux cas.


Quel bouillonnement, quelle effervescence dans les rues des grandes villes à la fin du XIXe siècle.
Ce dernier document, un peu particulier, La chanson illustrée (hors texte couleurs XII), est une revue qui publie les paroles de chansons en pages 2 et 3 et une chanson avec paroles et sa musique en page 4. Cette fois, pas de gobelets, pas de cartes à jouer, pas de magicien célèbre, mais une illustration pour remercier Pierre-Alexis de Ponson du Terrail et son héros Rocambole d'avoir sauvé la petite presse par la parution de son feuilleton ? Cette illustration représente le tour de la malle des Indes. Le vicomte de Ponson du Terrail est le magicien qui réussit parfaitement son tour de magie puisque Rocambole, renfermé dans un panier en osier et transpercé de toute part, surgit plein de vie et fait un pied de nez pour prouver qu'à l'instar de la petite presse il vit encore. Cette illustration est à la une de La chanson illustrée, journal hebdomadaire paraissant le dimanche créé en 1869 par les fondateurs de L'Éclipsé, Alexandre Flan et François Polo. Il s'agit du n°59, année 2 (1870).
Jacques Voignier nous a présenté une collection de timbres, d'enveloppes et de documents premier jour édités à l'occasion du centenaire de la mort de Robert-Houdin. Jean-Eugène Robert est né à Blois le 7 décembre 1805 et décédé le 13 juin 1871. Père de la « Magie Blanche », passionné de mécanique et créateur de nombreux automates, il a renouve­lé les spectacles de prestidigitation et d'illu­sions par des créations nouvelles qu'il a pré­sentées, à partir du 3 juillet 1845, sur son théâtre, Galerie de Valois au Palais Royal. L'administration des P.T.T. a voulu lui rendre hommage le 16 octobre 1971 en éditant un timbre (surtaxé) de 60 cts diffusé à plus d'un million et demi d'exemplaires. Le ministre des Postes et des Télécommunications de l'époque, Robert Galley, a remis officielle­ment le nouveau timbre au cours d'une cérémonie et d'une exposition organisée par l'Association Française des Artistes Prestidigitateurs, le 25 octobre 1971.
 


Note1: Christian Fechner. La magie de Robert-Houdin Paris 2002.1.1, p. 234.

Les prochains "Samedis du François Coppée" auront lieu:
(rendez-vous à 9h30)


samedi 1er juin 2013
samedi 28 septembre 2013
samedi 7 décembre 2013




Date: 
01/26/2013