Réunion du 1er décembre 2012

Les retrouvailles toujours très appréciées, animées et festives d'autant que notre amie Françoise Busson a apporté un moule à spéculos, peut-être des Flandres, pour montrer le savoir faire de nos ancêtres et un grand spéculos en forme de père Noël dégusté avec notre café traditionnel.Jean Busson a fait circuler l'Album Illustré de l'Annuaire du Commerce Didot-Bottin, pour l'année 1877. Les très intéressantes gravures rassemblant les produits manufacturés d'artisans, bien oubliés aujourd'hui, ont réjoui les participants. Il a ensuite présenté une rare invitation « pour 3 personnes », de l'Intendance Générale de la Liste Civile de Louis-Philippe, à l'Exposition des produits des Manufactures Royales (Sèvres, Les Gobelins et Beauvais), au Palais du Louvre, le Ie' juin 1846. La lithographie en noir de Mademoiselle Formentin, médaillée de Bronze en 1823, imprimée sur un fond de couleur bistre-rose avec réserves blanches, très fouillée, recelait bien des détails curieux et intéressants liés au régime en fin de course, comme les effigies de Ste Adélaïde et St Ferdinand.


Extraits de l'Album Illustré de l'Annuaire du Commerce Didot-Bottin, pour l'annuaire 1877


Une remarque sur la technique employée. Le brevet de la chromolithographie a été dépo­sé en 1837 par Engelmann. Mais dans les imprimeries de labeur, on continue à imprimer comme le fait Mademoiselle Formentin, en noir au trait, sur fond de couleur avec des réserves blanches. Cela permet quand même un rendu en trois couleurs.
Claude Barouh, après avoir fait un tour aux puces de Vanves à la recherche de papiers au graphisme intéressant, était un des premiers arrivés au François Coppée pour nous montrer des grandes feuilles très colorées, qui servaient ?... Voilà ce que dit l'auteur de l'article sur les papiers d'agrumes dans le numéro 151 du Vieux Papier d'avril 1950 à la page 35 :
« ... Restent les feuilles d'ornementation intérieures, destinées à être rabattues sur les côtés des caisses ou à décorer le couvercle. Elles ne se trouvent souvent que dans les agrumes d'Italie, imprimées sur le même papier fin que les enveloppes des fruits, dont elles reprennent le motif en grande taille. »

Donc ce sont bien des feuilles pour décorer les caisses d'oranges, elles ont un rabat sans décoration et le motif serait trop grand pour une seule orange. Je pense que ces feuilles datent des années 20-30. Certaines étaient destinées à l'Allemagne.
Jacques Voignier a apporté deux précieux manuscrits de sa collection qui me réjouissent car la comédienne et artiste Reine Desolange (1859-1953) fut une femme « émancipée » à la vie aventureuse et passionnante pour son époque.



Le Journal de son voyage en Russie concernant les années 1892 et 1893 à la Cour de Saint-Pétersbourg ainsi qu'un Liber Amicorum couvrant la période 1900 - 1930. Elle fut la partenaire et collaboratrice du Commandeur Marius Cazeneuve, célèbre pour avoir fait plusieurs fois le tour du monde avec un numéro de transmission de pensée et d'occultisme simulé, destiné à dévoiler au grand public les secrets des charlatans et des faiseurs de miracles. Le Journal de voyage à Saint-Pétersbourg, intitulé jour après jour, détaille les réceptions à l'ambassade de France chez le comte et la comtesse de Montebello, les soirées chez le grand- duc Alexis [frère du tsar], la grande-duchesse Wladimir [épouse du frère cadet du tsar], les bals organisés chez les cadets du régiment de la garde, les défilés militaires à cheval sur la Neva gelée, les grands dîners chez l'amiral Schridlov où Reine Desolange jouait le rôle d'Hermione dans Andromaque de Racine. La scène avait été enregistrée sur un disque pour le faire écouter à l'empereur Alexandre. Des matinées plus simples aussi étaient données comme celle chez le grand écrivain russe le comte Tolstoï, où Reine avait été applaudie dans un numéro de mnémotechnie éblouissant.
Le Liber Amicorum contient un grand nombre de textes, souvent illustrés de dessins ori­ginaux à la plume, au crayon, ou aquarelles par divers peintres, officiers, acteurs ou actrices sociétaires de la Comédie-Française, venus assister à une soirée donnée par Reine Desolange ; le dessin à la plume reproduit à la page précédente « A Madame Reine DESOLANGE » est daté de Tunis, le 24 février 1904 et il est signé Hassein Abdul Wahab à « Reine, Déesse de l'éloquence, Soyez chérie ! »

Nos amis Guérin ont apporté des journaux illustrés par Poulbot pour Noël, dont Le Dimanche Illustré supplément hebdomadaire pour la jeunesse du quotidien L'Excelsior qui fut le premier illustré français à généraliser les phylactères et à donner une place importante à la bande dessinée américaine, notamment la famille Mirliton de Sydney Smith.




L'Excelsior dimanche a publié dès 1923 des bandes dessinées françaises à bulles, c'était un journal de 16 pages de format 30 x 44 cm, son tirage en 1924 atteignit 230000 exemplaires et en 1925 publia les aventures de Zig et Puce par Alain Saint-Ogan. Il paraîtra jusqu'au 26 mai 1940, ensuite en zone libre sous le nom de La Marseillaise le 24 novembre 1940 et s'éteint le 15 mai 1944.



Par Nicole Kramer un prospectus de charla­tan du XVIIIe siècle sur les vertus de la pier­re de Crolieux qui, soi-disant, guérit tout ! Hommes et bestiaux !

A midi, la réunion prit fin
Date: 
12/01/2012