Réunion du samedi 25 juin 2011

Cette rencontre a rassemblé nos collègues : Marcel Guerin, Yvan Belledame, Jacques Voignier. François Richard, Georges Naudet, Claude Barouh (les factures illustrées), Jean Claude Marciacq (les menus en porcelaine), Jacques Lebon et les étuis de baguet­te, Thierry Depaulis et les Crépin, tous fidèles à nos réunions. Après la traditionnelle consommation et les multiples bavardages, la réunion a commencé à dix heures..
Marcel Guérin avait apporté un billet d'acteur de 1830.
Jacques Voignier nous a présenté divers documents concernant un jugement rendu le 21 octobre 1778 en la Prévôté de l'Hôtel du Roi à Versailles, condamnant les prévenus, Pierre Hardy, vigneron et carrier, & Jacques Tiercelin, terrassier, à être attachés au Carcan, pendant une heure, à un poteau planté en la principale place du Marché de la ville de Versailles, ayant chacun écrite aux devant & derrière, portant ces mots : « Escroqueurs, sous prétexte de magie » assorti du bannissement pendant neuf ans à vingt lieues de la Ville de Versailles & suite de la Cour.
Concernant l'affaire dite du « Collier de la Reine », nous avons pu admirer une gra­vure en taille douce (et en grandeur nature) du fameux collier, extraite des Mémoires de l'Abbé Georgel, le Collier dit de la Reine), ainsi qu'une suite de gravures en aquatinte représen­tant les portraits de principaux person­nages compromis dans cette affaire (le Cardinal de Rohan, le Comte de Cagliostro et son épouse Séraphina. Jeanne de Saint Rémy de Valois, épouse du Comte de la Motte, Mademoiselle Leguet d'Esigny d'Olisva qui ressemblait étrangement à la reine Marie-Antoinette, etc ...). D'autres pièces, Mémoires ou Arrêts du Conseil d'Etat concernant Cagliostro et le Sieur De Launay, Gouverneur de la Bastille, présentaient aussi un intérêt historique. (Mémoire pour le Comte île Cagliostro, 1786).
 

Jacques Voignier nous a enfin fait part de sa dernière découverte, la page du titre d'un manuscrit, daté du 12 octobre 1785, qui était collée sur le contreplat d'une première reliure. Cette découverte permet de dater le manuscrit qui est un recueil de tours cartes et de tours de gobelets. Les différences d'écriture permettent de déceler deux auteurs différents, vraisembla­blement séparés dans le temps par plus de 30 ans. En effet, le deuxième auteur donne un code de transmission de pensée utilisé sur scène dans les numéros de double vue présentés dans les théâtres. Ils ne furent en vogue qu'à partir de la première moitié du XIX" siècle.
François Richard. Le Jeu de l'Etat-major français est un jeu de hasard qui se joue avec 2 dés en utilisant un tableau de jeu de 21 cases illustrées de personnages militaires de diffé­rentes armes, associés aux diverses combinaisons possibles des 2 dés qui déterminent les gains et les pertes.
Dans un article du Vieux Papier (n° 303 janv. 1987) sur les Jeux de hasard sur papier, Thierry Depaulis écrit : « se présentant le plus souvent sous forme d'estampes coloriées, ornées de cases, on les assimile abusivement aux jeux de l'oie et de parcours auxquels ils res­semblent un peu, sans en présenter les caractéristiques » et il distingue deux types de ces lote­ries sur papier : les loteries avec dés et les loteries avec tirage (biribi, cavagnole, roulette).



Les loteries avec dés, illustrées d'un thème militaire sont très peu nombreuses et classées d'ailleurs aussi bien par Henri D'Allemagne et John Grand-Carteret que par le site Joconde avec les jeux de l'oie.
Parmi les jeux avec 2 dés, Le Jeu de l'Etat Major Français est le seul qui repose sur la combinaison des dés.
En effet tous les autres sont basés sur le total des 2 dés ; ils ont donc 11 cases (en cercle, en ovale ou en rectangle) numérotées de 2 à 12 avec la case centrale n° 7 qui souvent déter­mine le nom du jeu : Gluckshaus (maison de la chance) au XVIIe siècle en Allemagne, puis à partir de la seconde moitié du XVIII1, jeu du juif en France, gioco délia barca en Italie, jeu de l'Arlequin en Belgique...
Trois exemplaires de jeux, à total de 2 dés et à thème militaire, sont connus : Le jeu des Héros de l'Empire Français (Paris, Basset, 1808) Le Jeu de la Guerre (Paris. Basset, 1810, taille-douce) avec une variante en 1814 où l'aigle impérial est remplacé par trois fleurs de lys et des drapeaux blancs (d'Allemagne citant une autre variante, liée aux Cents Jours, où de la gouache recouvre les lys et les drapeaux sont tricolores), enfin Le Jeu de l'Ecole Militaire de l'Empire Français (Paris, Vve Chéreau, 1812, taille douce)
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L'aspect du Jeu de l'Etat Major Français, avec le dessin des combinaisons des dés ainsi que le détail des gains et pertes au dessus des militaires le fait ressembler aux tableaux des jeux à 3 dés, dont l'origine, avec le jeu de La Chouette, est plu­tôt italienne (début du XVIIe siècle), taille-douce mais il s'agit bien d'un jeu à 2 dés contrairement au Jeu de l'Armée Française (Metz, Delhalt, ca 1872. bois gravé et colorié, et Nancy, Jarville) (où la case Thiers en président de la République gagne tout avec un triple 6) et ses variantes Le Grand Jeu de l'Armée Française et Le Jeu de l'Armée Française (Pont-à-Mousson, Vagné, ca 1906, lithographie coloriée). Dans Le Jeu de l'Etat major français c'est le double 6 qui gagne tout ce qui est sur le tableau ainsi que la partie. Dans la version de Pinot et Sagaire (Epinal. n° 344 et 585, ca 1860, bois gravé et colorié) il est inscrit Napoléon III sous cette case tandis que dans la version de Pellerin (Epinal, n° 1704, ca 1880) il est écrit lieut. Général il y a donc deux lient. Général de part et d'autre du Mal de France, le dessin restant le même.
Le jeu présenté est une version luxueuse car de nombreux détails des uniformes sont rehaussés de collage de papier doré et le tableau de jeu est mis en valeur sur un support repré­sentant un zouave et comportant une boîte remplie de figurines militaires en carton avec pied métallique typique de l'époque (hors texte couleur VIII).
Georges Naudet, chargé d'un très grand carton à dessin, en a sorti 3 jeux de l'oie où, bien sûr étaient tapis quelques escamoteurs et une lanterne magique sur des cases d'assez grande taille.

Nouveau jeu brulant des cris de Paris de ses fau­bourgs et environs (ca 1804). (Voir ci-contre).
A Paris chez Basset rue Saint-Jacques n°21. Déposé ci la Bibliothèque impériale.

Le jeu universel de l'in­dustrie humaine (ca 1806). A Paris, chez. Basset rue de Seine n° 33. Déposé au Bureau des Estampes.

Le nouveau jeu des Cris de Paris à l'usage des amateurs (fin XVIIIe siècle).
A Paris chez Crépy rue Basset ci St-Pierre près de la rue de la parcheminerie.




Date: 
06/25/2011