Réunion du samedi 30 janvier 2009

Ce jour là, sixième rencontre des Vieux-Papieristes à la brasserie François Coppée :
Belle réunion, nous étions quinze dès 9h30 du matin dont nos amis Jean-Pierre et Andrée Bruleaux, venus des environs de Limoges, fidèles à notre association depuis quarante ans, fidèles à nos dîners et promettant de revenir aussi souvent que possible aux samedis du François Coppée.
Nous avons débuté sur le sujet des restaurations de papiers anciens et chromos et leur présentation : laver, décoller, sécher puis recoller : à ce propos Marcel et Denise Guérin avaient apporté une petite presse (étiquette du marchand rue du Havre près la gare saint Lazare, achetée il y a bien longtemps dans une manette à Drouot) qui leur sert à sécher leurs documents.
Pour illustrer ce travail de sauvegarde et classement, ils nous ont présenté un de leurs albums constitué de feuillets amovibles dans lesquels ils glissent les coupures de presse des années trente illustrées par Francisque Poulbot.

Monsieur Henri George était parmi nous et cette fois il est venu avec deux gros albums de très  beaux chromos remis en état : certains sur le thème de Pâques illustrés d’œufs  apportés par un lièvre suivant la légende alsacienne.

Thierry Depaulis avait apporté quelques éléments de la prochaine vente de cartes (du samedi 28 mars à Drouot) dont il est l’expert : un projet de jeu aquarellé réalisé entre les deux guerres pour la principauté de Monaco : dix neuf dessins dont douze têtes, quatre as, un joker et un dos.
 
Jacques Lebon nous a promis une étude sur les étuis de baguette de pain : il en a ramassé environ trois cents…à suivre

Claude Ronzeau nous fait part de l’exposition de décembre 2008 à janvier 2010, « Le papier à rouler, Miroir de son temps » au Musée du Papier. Le Nil-134 rue de Bordeaux 16000 Angoulème

Michèle et Daniel Crépin ont présenté une lettre de cachet.
Les lettres de cachet sont une des expressions de la justice retenue du Roi (par opposition à la justice déléguée). Elles appartiennent à la catégorie des lettres closes (par opposition aux lettres patentes). Une lettre de cachet contient un ordre du Roi remis sous pli fermé à celui qui doit en assurer l’exécution. Elle est signée du Roi (ou d’un secrétaire de la main) contre signée par un secrétaire d’Etat et fermée par un cachet de cire, d’où son nom.
Les lettres de cachet peuvent donc contenir les ordres les plus divers mais l’histoire a surtout  retenu sous cette expression les ordres d’emprisonnement ou d’exil. Elles étaient le plus souvent délivrées dans l’intérêt des familles (individu tombé dans la débauche ou aliéné, époux ou épouse prodigue etc…) à la demande des proches (98, 8% des cas) et aucune note d’infamie n’y était attachée. Elles servaient aussi à faire emprisonner des écrivains jugés frondeurs ou scandaleux : Voltaire, Diderot en furent victimes.
En dépit des précautions qui étaient prises, malgré l’enquête sérieuse  du ministre, du lieutenant général de police ou des intendants et les nouvelles dispositions prises à partir de 1784 pour établir des règles (notamment l’obligation d’indiquer une durée d’incarcération proportionnée au motif), elles étaient considérées, à la veille de la révolution, comme une manifestation intolérable du pouvoir royal arbitraire et la plupart des cahiers de doléances en demandaient l’abolition.
La présente lettre concerne un nommé Jacques Coquereau dit Langevin, âgé de 62 ans, originaire de Linet en L’Isle de France. Elle a été donnée à Versailles le 24 octobre 1784, signée  par un secrétaire du Roi et contre signée par le baron de Breteuil. L’homme a été transféré le 28 octobre suivant de la prison de Saint Germain en Laye à la prison de la Force (La Salpêtrière). La durée d’incarcération prescrite est indiquée : pendant trois mois seulement.

Nous rappelons qu’à notre dernière rencontre du samedi six décembre 2008, jour de la Saint Nicolas, nous avions longuement évoqué la légende de ce saint et qu’un article de Monsieur George et d’Emile Nicolas a paru dans le bulletin du Vieux Papier No316 d’avril 1990, illustré d’un beau canivet.
Sur le même thème, Gérard Millot nous avait apporté l’album « Le miracle de saint Nicolas » de 1907, œuvre commune de trois personnages du milieu artistique et littéraire de Nancy : Ropartz, Avril et Claudin. Cet Album est cartonné et monté sur onglets. Il a été tiré à 275 exemplaires dont 25 sur papier japon .Les titres et ornements sont de style gothique. L’illustration du premier plat laisse deviner la silhouette de la basilique de Saint-Nicolas-de-Port.
Qui sont ces auteurs ?
Joseph Ropartz (1864-1955) est un compositeur breton influencé par César Franck et Wagner.
Directeur du conservatoire de Nancy et de l’orchestre de Strasbourg, il écrivit la musique du « miracle de saint Nicolas » en 1905.
Une exposition lui fut consacrée à la bibliothèque Nationale en 1964.
Un C.D. de l’œuvre de Ropartz incluant « Le Miracle de Saint Nicolas » a été enregistré en 1994 par l’orchestre de Nancy. Il est encore en vente.

René d’Avril (1875-1966) de son nom Léon Malgras, est un écrivain élève de Maurice Barrès à qui l’album est dédié.

Claudin est un peintre et illustrateur d’affiches.

Il était midi lorsque nous nous sommes séparés, nous avions encore beaucoup de choses à nous raconter et nous nous sommes promis de déjeuner ensemble une prochaine fois pour prolonger ces échanges chaleureux entre collectionneurs et amis.
Date: 
01/30/2009